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Marie-Louise Friant

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née à Laboissière-en-Santerre (1931-2017)

Je fus factrice à Laboissière-en-Santerre de 1950 à 1967. Ma tournée représentait 3,8 km et je la faisais à vélo. J’avais la chance d’en posséder un ; les autres facteurs allaient à pied. Le métier était éprouvant, je devais assurer seule, par tous les temps et les saisons froides, la distribution journalière, jusque la ferme de Forestil en site isolé.

J’étais souvent très chargée, je transportais les lettres, les mandats, les recommandés, les paquets et l’argent liquide des allocations familiales et des retraites. J’étais vigilante lorsque je transportais des liquidités ; je gardais en bandoulière la lourde sacoche en cuir ; je ne me suis jamais sentie en insécurité. En début de matinée, la voiture postale arrivait de Montdidier. Elle me livrait les sacs du courrier. Je triais chez moi, comme on le ferait aujourd’hui dans un bureau de Poste. Ensuite, je partais en tournée. Je n’étais pas la première factrice du village. Je succédais à Urbain Normand (avant 1940) et Germaine Quentin (1938), ma mère. Cette femme était considérée à son époque comme une intrépide.
Elle possédait un deux roues que nous appelions « une pétrolette », qui crachait et fumait ; il fallait parfois éteindre les flammes qui sortaient du moteur ! Je ne portais pas d’uniforme de postier et mon employeur ne me fournissait pas en vêtements adaptés. À l’époque, il était inconcevable pour les femmes de porter le pantalon. Je circulais en jupe en été comme en hiver ; ce qui n’était vraiment pas pratique ! Les vêtements imperméables étaient rares et onéreux. J’avais souvent très froid : les genoux et les mains bleuis.

Le plus difficile était d’aller porter le courrier à la ferme du Forestil.
Les chemins qui y menaient étaient en mauvais état, souvent défoncés et boueux. Lorsque les conditions météo étaient défavorables, l’acheminement s’avérait une épreuve. Je me souviens avec reconnaissance de la famille Barbier, qui pour m’épargner la peine de porter le courrier jusqu’à la ferme, alors que j’étais enceinte, me permettait de le déposer chez un de leur charretier, qui habitait la gare.

Témoignage recueilli et écrit (Mai 2018) par Anne Parvillé

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