Le souffle du vaste monde sur le port de Moreuil du XIIIe au XIXe siècle par Hervé Bennezon
Pendant des siècles, la médiocrité des chemins terrestres a donné l’avantage aux voies d’eau qui jouaient un rôle économique majeur. L’Avre, la Selle, l’Ancre, drainaient le plateau picard et les riches terres céréalières du Santerre et de minuscules cours d’eau bénéficiaient d’une animation inimaginable à présent.
Au XIIIe siècle, d’importants travaux ont été entrepris pour canaliser l’Avre et faciliter ainsi les échanges entre Moreuil et le reste du monde. Dès cette époque, le bourg est devenu un carrefour commercial majeur tandis qu’un port céréalier d’envergure s’y développait. Dès lors, il a fait vivre de nombreuses familles de bateliers – population haute en couleur -, irrigué la Picardie en produits d’importation et transformé le quotidien de la population du Santerre, avant de péricliter brusquement durant la Révolution industrielle.
Après sept cents ans d’une vie intense, le port de Moreuil et ses mariniers ont alors sombré dans l’oubli le plus profond.
